Robert Einbeck
2013 – acrylique sur toile 2,10 m x 2,10 m – « Barillet de la transcendance #10 »
Robert Einbeck
26 Septembre 2012 – Barillet de la Transcendance 010 – 2,10m x 210 m
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21 Septembre 2012 – Detail d'un des Barillets de la Trancendance 001 – 2,10m x 210 m

BANG

The Patricia & Phillip FROST ART MUSEUM FLORIDA INTERNATIONAL UNIVERSITY – MIAMI - USA Musée affilié à la Smithsonian Institution 3 Avril – 30 Août, 2013 Frost Art Museum


L'homme consacre certainement plus d'intelligence et de savoir à l'amélioration technique et à la portée des armes à feu et des armes de destruction massive qu'il en consacre à s'élever spirituellement et à construire autour de lui un monde tourné vers l'épanouissement de soi.


Personne n'est préparé à être victime du projectile d'une arme à feu. Personne non plus n'est préparé à mourir de manière violente. Et bien que les images de victimes d'armes à feu se succèdent sur les écrans et s'étalent dans les journaux, ces évènements dramatiques et multlples n'appartiennent qu'à des ruptures de vies étrangères à la nôtre.


"J'irais sous la terre et, toi tu marcheras dans le soleil" avait dit Rimbaud à sa soeur avant de mourir. La mort n'est subie physiquement que par celui qui meurt, comme l'expérimente, à sa manière, celui qui utilise une arme pour tuer. Ces deux tragiques conséquences de la vie – celle de mourir et celle de tuer – ne peuvent être partagées qu'émotionnellement par autrui. Il peut aussi à cette fin se servir d'autre objets et d'autres moyens bien que l'arme à feu soit une des méthodes les plus efficaces – de tuer ou simplement de se défendre.


C'est pourquoi l'urgence était pour moi de dissocier – cet objet de mort identifié qu'est le barillet du revolver – de sa brutalité primaire pour le transformer en un objet d'émotion qui puisse questionner sur la fragilité de l'existence, mais aussi sur les meurtrissures et frustrations des êtres qui sont sources de pulsions dévastatrices.


Si la vision du barillet peut déranger, ici, sa forme ne se trouve pas encastrée dans l'arme et, se décline dans une multiplicité inhabituelle de contrastes, de couleurs, de lumières et d'espaces. L'approche visuelle s'en trouve changée. L'objet veut interpeller sur ce que sont les violences inhérentes à l'existence et les agressivités meurtrières du monde. Violences familiales, urbaines, guerrières mais aussi violences de l'être humain envers soi même.


Ainsi l'image picturale libérée de sa rigidité homicide acquise avec le temps peut apparaître porteuse d'une nouvelle énergie intérieure. Réhabilitée, elle se dégage de l'ombre pour se placer dans l'interrogation. L'archétype se condense en énergie spirituelle et s'offre en objet de sérénité.


Mon intention est de conduire le spectateur à une prise de conscience, pour que la nouvelle symbolique impliquée dans un processus d'introspection, aille alors faire basculer son appréhension pour la mener vers une inspiration.


Dans sa gravité, le barillet peut laisser place au recueillement afin que l'inquiétude de celui qui regarde, au delà de sa compréhension et de son savoir, se révèle dans une sorte de quiétude de soi, en verrouillant sa réminiscence des meurtres, et, en portant son senti en douceur vers une force de bien être.


Étrangement le contour de la structure du barillet se modèle à celui des rosaces de cathédrale mais aussi à celui des mandalas et c'est pourquoi celuici pourrait s'incarner en une sorte de "Rosace" ou de "Mandala de la Transcendance de la Mort".


Un objet de réconciliation, impliquant une prise de conscience de l'isolement des êtres humains repliés sur eux-mêmes, au travers des stigmates des victimes, et ouvrant à la vision personnelle de celui qui regarde pour qu'il soit en osmose – menant le tout vers le Un.


Un barillet de la Concorde pouvant ouvrir sur le chemin de l'unité de soi vers les autres.


Robert Einbeck - manifeste écrit en Juin 2012


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